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Qu’est-ce que la maladie de Willebrand ?

La maladie de Willebrand (MVW) est une maladie hémorragique héréditaire due à un défaut quantitatif ou qualitatif en facteur Willebrand. Cette protéine sanguine participe au processus de l’hémostase, qui permet d’enrayer les saignements grâce à la formation de caillots sanguins. Découvrez les symptômes de cette maladie et la façon dont elle se transmet. 1

Un déficit quantitatif et/ou qualitatif en facteur Willebrand

Décrite en 1926 par le médecin finlandais Erik von Willebrand, la maladie de Willebrand est une maladie héréditaire qui se manifeste par des hémorragies ou des saignements prolongés. Elle est due à un défaut de la quantité et/ou de la qualité du facteur Willebrand (VWF), l’une des protéines sanguines essentielles à l’hémostase. Ce processus physiologique permet d’enrayer les saignements grâce à la formation de caillots sanguins. Lorsqu’il n’y a pas suffisamment de VWF dans le sang, ou qu’il n’agit pas comme il le devrait, le sang prend plus de temps à coaguler. 2

Comment le sang coagule-t-il ?

Les différents types de la maladie de Willebrand

Il existe différents types de maladie de Willebrand avec différents degrés de sévérité : type 1, type 2 et type 3. Dans tous les cas, la maladie de Willebrand est toujours causée par une anomalie du facteur du même nom. Il est important que le diagnostic soit précis, car la prise en charge de la maladie différera en fonction de son type et de son sous-type. 1

La maladie de Willebrand de type 1

Dans la maladie de Willebrand de type 1, le VWF n’est pas altéré mais soit il est fabriqué en quantité plus faible que la normale, soit il a une durée de vie plus courte dans la circulation sanguine. Dans les deux cas, cela résulte en un déficit quantitatif partiel de VWF. Du fait du lien entre le VWF et le FVIII expliqué précédemment, cela peut donc entraîner un déficit en FVIII.

Plus le taux de VWF est diminué, plus les symptômes hémorragiques sont marqués. Ainsi, un certain nombre de personnes atteintes de la maladie de Willebrand de type 1 ne manifestent aucun symptôme tant qu’elles ne subissent pas de blessure grave ou une chirurgie majeure. D’autres personnes manifestent des symptômes bénins, tels que des ecchymoses, des saignements du nez et des gencives, ou encore des saignements prolongés après des coupures superficielles. Les femmes peuvent, quant à elles, présenter des ménorragies, c’est-à-dire des règles abondantes pouvant durer plus de sept jours.1

La maladie de Willebrand de type 2

Dans la maladie de Willebrand de type 2, la quantité de VWF dans la circulation sanguine est la plupart du temps normale, mais le facteur ne fonctionne pas normalement. On parle alors de déficit qualitatif du VWF. Les symptômes sont identiques à ceux du type 1, avec parfois des manifestations hémorragiques plus graves, telles que des hémorragies digestives. À noter qu’il existe plusieurs sous-types de la maladie de Willebrand de type 2 : 2A, 2B, 2M et 2N. 1,4

La maladie de Willebrand de type 3

La maladie de Willebrand de type 3 est très rare, puisqu’elle affecte 1 à 2 % des patients présentant une maladie de Willebrand. Il s’agit du type le plus grave, car le VWF est quasiment absent dans le sang. Ce déficit s’accompagne également d’un taux très diminué de facteur VIII, un taux équivalent à une hémophilie A légère à modérée. Les hémorragies peuvent par conséquent être fréquentes et, si elles ne sont pas traitées, elles peuvent avoir de graves conséquences.1

Quelle est la prévalence de la maladie de von Willebrand ?

La prévalence de la maladie de Willebrand est encore difficile à estimer. De nombreuses personnes atteintes par cette maladie hémorragique présentent des symptômes bénins et seule une faible proportion d’entre elles sont diagnostiquées. Le nombre de patients qui auront besoin, au moins une fois dans leur vie, de recourir à un traitement spécifique a été estimé à environ 1 sur 8 000 (soit environ 7 000 patients en France).2

Comment la maladie de Willebrand se transmet-elle ?

La maladie de Willebrand est causée par une mutation du gène responsable de la synthèse du facteur Willebrand (VWF) et localisé sur le chromosome 12. Elle peut être transmise héréditairement par l’un des deux parents porteurs du gènes défectueux - même s’il n’en manifeste aucun symptôme -, à l’enfant au moment de sa conception. 5 La transmission de la maladie est autosomique, c’est-à-dire qu’elle est portée par un chromosome qui n’est pas lié à la détermination du sexe (X ou Y)2. Elle affecte donc autant les hommes que les femmes, même si les formes symptomatiques sont plus fréquentes chez les femmes du fait des risques hémorragiques liés aux règles, à la grossesse et à l’accouchement. 1

En cas de maladie de Willebrand de type 1 ou 2 - à l’exception du type 2N et de certains types 2A -, la transmission de la maladie est dominante. Cela signifie que la personne malade a hérité du gène de l’un de ses deux parents, lui-même atteint de la maladie. Elle aura un risque sur deux de transmettre la maladie à ses enfants. En cas de type 3, de type 2N et de certains types 2A, la transmission est récessive. La personne atteinte a reçu de chacun de ses parents un exemplaire du gène défectueux. Ces derniers ont un risque sur quatre de transmettre cette forme grave de la maladie à leurs enfants.5

Exceptionnellement, la maladie peut être due à une mutation génétique non transmise par les parents : on parle alors de néomutation. Dans ce cas, le chromosome 12 change au moment de la conception ou peu après. Une fois adulte, la personne atteinte risquera de transmettre la maladie de Willebrand à ses enfants.5

Il arrive également qu’au cours de sa vie, une personne développe une maladie de Willebrand. Il s’agit ici d’une forme acquise de la maladie, où ni la personne atteinte, ni ses parents ne sont porteurs du gène défectueux. Ici, le système immunitaire développe des anticorps particuliers, appelés inhibiteurs, qui sont dirigés contre le VWF présent dans le sang. De tels cas peuvent survenir après un traitement médicamenteux ou être causés par certaines maladies, telles que la polyarthrite rhumatoïde, certaines maladies rénales ou certains cancers.1

Quels sont les symptômes de la maladie de Willebrand ?

Les symptômes de la maladie de Willebrand sont principalement cutanéo-muqueux. Il peut s’agir d’hémorragies au niveau :

des muqueuses

saignement du nez (épistaxis) et des gencives (gingivorragies), des saignements menstruels abondants ou prolongés appelés ménorragies 1, ou des hémorragies digestives

de la peau

ecchymoses ou hématomes cutanés (spontanés ou lors de traumatismes mineurs), saignements prolongés lors de coupures. 7

Précisons que la sévérité des signes hémorragiques de la maladie de Willebrand dépend du type de la maladie. Le type 1 et le type 2 sont ainsi caractérisés par des symptômes plus modérés de la maladie. Cela dit, un risque hémorragique élevé existe en cas de blessure grave ou d’acte chirurgical. Dans le cas de la maladie de Willebrand de type 3, les personnes atteintes peuvent présenter des hémorragies internes, plus graves, situées au niveau de leurs muscles (hématomes) et de leurs articulations (hémarthroses), de leurs viscères ou de leur cerveau. Elles peuvent également présenter des saignements spontanés, sans cause apparente. 1, 2

Comment se fait le diagnostic de la maladie de Willebrand ?

Le diagnostic de la maladie de Willebrand n’est pas aisé. Les médecins non spécialistes la connaissent encore peu et peuvent, par conséquent, passer à côté du diagnostic. Ce dernier doit se faire chez un patient qui présente des saignements exagérés ou inexpliqués, ou dans le cadre d’une enquête familiale. Il conviendra de doser le taux de facteur VIII, le taux de facteur Willebrand (facteur Willebrand antigène) et l’activité du facteur Willebrand. Sont également réalisés le comptage du nombre de plaquettes ainsi que la mesure du temps de saignement. D’autres tests plus spécialisés pourront également être nécessaires pour déterminer le type ou le sous-type de la maladie de Willebrand qui touche le patient.

Il est important de noter que les dosages normaux ne permettent pas toujours d’exclure complètement la maladie. Il existe en effet des périodes pendant lesquelles le facteur Willebrand se normalise spontanément : par exemple en cas d’infection, de changement hormonal (grossesse par exemple) ou d’une pratique sportive régulière. Ainsi, les résultats des tests peuvent être normaux, même lorsque la personne souffre de la maladie de Willebrand. Si la maladie est suspectée, il est important que les examens sanguins soient répétés.

  1. Tout sur la maladie de von Willebrand... à l’intention des personnes atteintes de la maladie de von Willebrand et de leurs proches. Brochure de la Société Canadienne de l’hémophilie. Décembre 2011. Consultée sur https://www.hemophilia.ca/wp-content/uploads/2018/05/Tout-sur-la-maladie-de-von-Willebrand-2011.pdf
  2. La maladie de Willebrand. Brochure de l'Encyclopédie Orphanet Grand Public. Novembre 2006. Consultée sur www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/Willebrand-FRfrPub3497v02.pdf
  3. Biologie des anomalies de l'hémostase. Actualisation du sous-chapitre 5-02 «hémostase et coagulation » de la nomenclature des actes de biologie médicale. Note de cadrage de la Haute Autorité de Santé. Novembre 2010. Consultée sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-09/biologie_des_anomalies_de_lhemostase_-_note_de_cadrage_2011-09-02_14-44-6_306.pdf
  4. Site Internet de l’Association Française de l’Hémophilie, Section : Je m’informe. Page : Qu’est-ce que la maladie de Willebrand ? consultée le 22/11/2019 https://afh.asso.fr/je-minforme/comprendre-les-maladies-hemorragiques/maladie-de-willebrand/quest-ce-que-la-maladie-de-willebrand/
  5. La maladie de Willebrand. Fiche d’information rédigée par les médecins de la Société Française d’Hématologie. Mars 2009. Consultée sur http://sfh.hematologie.net/hematolo/UserFiles/File/PDF/MaladiedeWillebrand.pdf, le 22/11/2019
  6. La maladie de Willebrand : les premières informations. Plaquette de l’Association Française d’Hémophilie. Consultée le 08/11/2019 sur https://afh.asso.fr/wp-content/uploads/2017/09/plaquette_willebrand_web.pdf
  7. Site Internet de la Revue Médicale Suisse. Section RMS 97. Page : La maladie de von Willebrand : une diathèse hémorragique fréquente et méconnue. https://www.revmed.ch/RMS/2007/RMS-97/31997, consultée le 08/11/2019
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